
©-nyul---Fotolia.com
L'amitié - telle que les adultes l'entendent -, c'est le sentiment d'affection, de sympathie, qu'une personne éprouve pour une autre, et la relation qui en résulte. C'est beau l'amitié, c'est important, c'est même vital quand on est grand. Du coup, « les parents projettent parfois un peu trop leur idéal d'amitié sur leurs petits enfants, pourtant encore tout à fait incapables de construire des relations aussi durables que celles que les adultes entretiennent » raconte Catherine Graindorge, pédopsychiatre, dans un article intitulé Amis ou copains, l'amitié chez les petits (Revue Enfance et Psy n°31, Erès, 2006).
A l'âge de la crèche, des attirances peuvent exister, des rapprochements, mais sûrement pas des liens d'amitié tels qu'on les entend chez des enfants de primaire. Les bambins s'attirent et sont heureux ensemble soit parce qu'ils partagent les mêmes intérêts (courir, sauter, jouer au ballon...), soit parce qu'ils sont assez contraires (un timide avec un leader par exemple). Pour Simone Gerber, pédiatre, auteur d'Amours et amitiés enfantines (Marabout, 2008), si on peut parler de sensibilité d'un enfant pour un autre dès la crèche, on ne peut pas parler d'amitié tant que l'enfant ne sait pas exprimer ses émotions par le langage. Et avant de parler, il y a tout un parcours...
Au début, après la naissance, bébé est collé à papa et maman. Puis « la station assise, débout, à quatre pattes et la marche élargissent ses capacités relationnelles. La « bulle » protectrice englobant la mère et l'enfant s'ouvre progressivement et différemment selon les modalités de la vie affective, familiale, sociale et culturelle » écrit Simone Gerber. Enfin, « dès que l'enfant est habité par un sentiment de sécurité suffisamment important, il peut prendre le risque d'aller vers une personne étrangère ».
Mais ce n'est pas avant 4-5 ans, pas avant qu'il ne soit sorti du stade oedipien où son amour est essentiellement porté aux parents, que l'enfant pourra se faire de vrais amis à côté de la famille. Employer le terme « amour » entre deux enfants de 4 ans est inapproprié. A trois ans, un enfant peut être heureux d'être avec un autre enfant, mais cela n'a pas du tout la même résonance que chez un adulte pour qui une relation d'amour aboutit sur de la sexualité.
« Quand on a trois ans, on ne sait même pas comment on fait les bébés, on est dans un autre monde, sur une autre planète. C'est donc gênant que certains parents parlent d'amour entre deux enfants de cet âge. Ils collent sur cette relation un mot qui n'a pas sa place », estime Catherine Graindorge. C'est alors le temps des secrets, où l'on commence à se confier des choses entre vrais amis, même si, à cet âge, les enfants changent de copain comme de tee-shirt. Une versatilité qui n'est plus vraie quand l'enfant a 9-10 ans, quand sa personnalité, jusqu'alors en construction, est devenue plus stable.

©-Galina-Barskaya---Fotolia.com 1528369 M-2
« Certains parents sont tellement dans la peur de la non-réussite sociale et amoureuse qu'ils ont tendance à être beaucoup trop directifs par rapport aux relations affectives de leurs enfants. A 4 ans, il faut avoir un petit copain, une petite copine... Ce n'est pas comme ça qu'on va aider les enfants à se faire des amis ! déplore C.Graindorge.
En fait, si la famille est ouverte et non figée sur ses références à elle, si les parents ont eux-mêmes beaucoup d'amis, cela aidera l'enfant à avoir envie d'aller vers l'extérieur. Ensuite, il ne faut pas essayer d'influencer une amitié, dans un sens ou dans l'autre. En revanche, en tant que référents de protection, les parents se doivent d'intervenir s'ils voient leur enfant scotché à un autre qui le maltraite en permanence, lui pique ses cartes Pokémon...
« Il faut lui dire que ce n'est pas cela l'amitié, qu'il risque de souffrir et que cela nous fait de la peine. Voire mettre le holà s'il se met vraiment en danger. Mais on n'a pas à décider de ses amis. C'est important que l'enfant expérimente, qu'il se « trompe » d'ami et soit trahi, il va aussi apprendre en fonction de ça », assure C. Graindorge. « Les parents doivent rester discrets, et laisser à l'enfant la place d'exprimer son propre désir », conclut Simone Gerber.
Article de Gaëlle Desportes
CRÉÉ LE 20 MARS 2009
MODIFIÉ LE 23 FÉVRIER 2011
















adolescence femme enceinte littérature jeunesse enfance alimentation femme enceinte sorties en famille cinéma enfant santé bébé allaitement L’UNICEF en campagne... présidentielle deuxième enfant parent livres éveil exposition huitième mois éducation gestation pour autrui santé maman santé enfants sortir en famille divorce enceinte diversification alimentaire accouchement ado alimentation bébé maman santé adolescence femme spectacle pour enfant enfants bébé grossesse troisième mois beaux-parents sexe mode enfant psychologie bébé éducation enfant garde d'enfants école grossesse multiple Grippe A septième mois alimentation adoption psychologie enfant soin bébé recettes de cuisine quatrième mois orthophonie contraception famille grossesse tardive parents sixième mois choix du sexe sexualité couple