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Dimanche 21 décembre 2014

Bébé prématuré : bébé en mal de mère

En France, les bébés prématurés représentent environ 7 % des naissances, soit près de 60 000 enfants par an. Hospitalisés, lourdement pris en charge médicalement, ces bébés sont privés d’une relation pleine avec leur mère les premiers jours de leur vie. Un manque dans le processus d’attachement que les professionnels de la néonatalogie prennent désormais très au sérieux.

Bébé prématuré: une synchronie perturbée

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Durant la grossesse, le fœtus partage la biochimie de sa mère. Une synchronie prénatale physiologique, hormonale et sensorielle s’organise entre maman et bébé. Des études ont par exemple démontré que certains dérèglements de l’humeur de la mère comme la dépression et l’anxiété sont partagés par le fœtus : le rythme cardiaque de base est plus élevé chez le fœtus de la mère déprimée et le délai de retour au rythme de base après un léger stress physique (vibration sur le ventre de la mère) est plus lent que chez le fœtus d’une maman non déprimée.

A la naissance, les signes des synchronie et les échanges s’intensifient avec les proches et en particulier la mère : échange des regards, des voix, réactions aux mouvements de l’autre, au toucher : la communication met en jeu tous les sens. Quand ils sont en synchronie avec leur mère, les nouveaux-nés sont susceptibles de distinguer ses expressions de joie, de tristesse, de surprise, et sont capables par imitation de les reproduire. On a pu observer aussi que l’odeur de la mère, comme celle de la mère d’un autre enfant, entraîne l’arrêt des pleurs chez les nouveaux-nés de moins de 2 jours, celle de la mère induisant plus fréquemment des mouvements de léchage et de succion… Ce qui suggère que l’odeur de la mère comporte une signature clairement décelée par le nouveau-né.

Quand bébé est prématuré, lui et sa mère se retrouvent séparés brutalement, privant le bébé et la maman de cette réassurance mutuelle.

Favoriser le contact des premiers jours

En France, le premier service de néonatalogie a vu le jour en 1967, à Port-Royal, dirigé par le professeur Minkowski. Pour celui que l’on considère comme le père de la néonatalogie moderne, la médecine du nouveau-né ne peut être envisagée que dans une approche globale, au contact de l’obstétrique, en maternité, et doit aussi amener des réponses aux enjeux psychologiques et affectifs.

A Cochin, l’état psychologique de la maman est un souci permanent et ce souci est pris en compte avant l’accouchement lors d’une consultation préalable avec les parents puis lors de l’accueil dans l’unité, durant le séjour et après la sortie de l’hôpital.
Psychologues et assistantes sociales participent aux visites de service. Quand bébé est prématuré, dès les premières heures, les infirmières, qui ont reçu une formation spécifique à la relation mère-enfant, encouragent la maman à toucher le bébé dans la couveuse, à lui parler, à s’occuper de lui pour les changes et les soins quand l’état de santé du bébé le permet.

L’allaitement est également encouragé. La mère donne le sein quand c’est possible et quand ça ne l’est pas, on trouve des systèmes, dont la tétée à la paille, pour que le bébé soit nourri du lait maternel. « Pour encourager l’allaitement direct ou indirect, l’unité de Port-Royal dispose de deux personnes à plein temps en charge de l’allaitement maternel et aussi d’une unité de pasteurisation » précise le Professeur Moriette, chef de service de médecine néonatale de l’hôpital Cochin Port-Royal. Dans tous les cas, le lait maternel contribue à installer une relation privilégiée et a aussi le mérite de renforcer l’équilibre hormonal de la mère.

Les petits miracles du « peau à peau »

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Le peau à peau fait appel au portage de l’enfant par la mère ou parfois le papa avec un contact corporel direct. Cette méthode permet de compenser le manque créé par la séparation à la naissance. Elle présente l’avantage d’utiliser un langage universel, indépendant de la parole, qui permet aux mamans un contact fort avec leur bébé même quand elles ont des difficultés à s’exprimer parce qu’elles sont psychologiquement éprouvées. Les études montrent des effets substantiels à long terme sur l’autorégulation, l’attention et les capacités cognitives du bébé aussi bien que sur la sensibilité de la mère et son investissement vis-à-vis de son enfant.

Le portage des nouveaux-nés favorise notamment la stabilité cardiorespiratoire, l’équilibre thermique et le sommeil du bébé. Son intérêt a également été démontré dans la réussite de l’allaitement maternel et dans la diminution des manifestations liées à la douleur au cours de prélèvements sanguins.

Les soins de développement : une approche sur-mesure

« Aujourd’hui, en France, les structures d’accueil des enfants et parents en difficulté (centres d’action médico-sociale précoce, maisons de parents, etc.) restent insuffisantes, en dépit de créations récentes » déplore le professeur Moriette. Néanmoins, certaines unités médicales pratiquent déjà des programmes de soin basés sur l’observation du nouveau-né et sur une approche individualisée de la famille.

Ils exigent un niveau élevé d’implication des parents mais aussi des soignants formés à l’observation d’un nouveau-né. Les soins sont personnalisés et adaptés pour atténuer le stress de bébé en tenant compte, par exemple, de ses rythmes de sommeil pour mieux choisir les périodes des soins.

Dans ces programmes, les soignants sont de véritables coachs des parents pour qu’à leur tour ces derniers agissent au plus près des besoins de leur bébé… Des efforts qui doivent, dans l’idéal, être prolongés lors du retour à la maison. Et si l’on n’en est qu’aux prémices d’une telle prise en charge, on ne peut qu’espérer qu’elle se généralise dans un maximum d’établissements hospitaliers à l’heure où les bébés qui arrivent trop tôt sont de plus en plus nombreux.

Une initiative qui fera des petits !

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Depuis déjà plusieurs années, Abbott Néonatalogie mène de nombreuses campagnes de sensibilisation et d’information vers le grand public et vers les professionnels de santé sur les problèmes liés à la naissance prématurée. Estimant que les bénéfices des méthodes d’intervention précoces sont encore mal connus, Abbott lance la prix « Temps maman » qui sera décerné chaque année pour soutenir financièrement, à hauteur de 12 000 euros, des travaux de recherche clinique ou socio-économique visant à la préservation de la relation maman-bébé en cas de prématurité. D’autre part, deux brochures viennent d’être éditées, l’une expliquant ce qu’est la synchronie maman-bébé à destination des professionnels de santé, l’autre à destination du grand public qui détaille les enjeux de la relation mère-enfant en cas d’hospitalisation. Cette dernière est téléchargeable sur le site www.bronchiolite-vrs.org ou commandée par mail via le site www.abbott.fr, rubrique « nous contacter ».

Article de Anne-Claire Thérizols

CRÉÉ LE 02 OCTOBRE 2009

MODIFIÉ LE 02 OCTOBRE 2009

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