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Jeudi 17 mai 2012

Ecole, terre d'asile

L’école est un droit pour tous, aussi bien pour les nouveaux arrivants en France que ceux qui sont nés dans l’hexagone. Comment se passe l’adaptation de ces enfants venus d’ailleurs, pour qui l’école est une véritable terre d’asile.

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«  L’Education est un droit… « “uni-ver-sel“  » déclame fièrement Vinotan élève en classe CLIN du collège Jean Renoir de Bondy (Seine-Saint-Denis). Venu du Sri-Lanka quelques mois auparavant, le jeune garçon de onze ans peine à prononcer ce terme.


Il ne démord pas pour autant et se démène pour terminer avant ses camarades cette phrase amorcée par l’enseignante. Une fossette sur le coin de la joue de Vinotan apparait lorsqu’il esquisse un sourire. Le sourire de celui qui est heureux d’avoir trouvé la réponse en premier, même s’il n’en connait pas encore bien le sens.
Quand Elodie Gauthier, professeur d’histoire demande à l’assemblée ce que veut dire « universel » tout le monde lève la main, mais aucun n’en connais vraiment la signification. Le cours porte sur l’éducation. Comme cadeau de bienvenue à ces enfants venus de pays où celle-ci n’est pas une priorité.


« Ils ne respectent pas la loi de Ferry »
affirme Yodaz lorsque l’un des élèves aborde le fait que dans certains pays, les enfants ne peuvent aller à l’école. Ils viennent des Comores, d’Egypte, de Serbie et sont affublés de tous les sigles plus incompréhensibles les uns que les autres. CLIN, CASNAV, ENAF, ENSA (Classe d’initiation aux non francophones Centre Académique pour la Scolarisation des Nouveaux Arrivants et des enfants du Voyage, Elève Nouvellement Arrivé en France, Elève Non Scolarisé Antérieurement.)
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Si la France garantit dans sa constitution le droit à l’éducation de tous les mineurs de moins de 16 ans, quelle que soit leur provenance, la situation n’en demeure pas moins très difficile. « Impossible à mesurer » confie Jean-François responsable du service dédié aux réfugiés d’Amnesty International  « la scolarité est obligatoire et fondamentale dans les faits, donc en théorie tous sont scolarisés, mais en réalité non». En effet, ces classes aux sigles différents garantissent à tous les enfants mineurs un droit à la scolarité. Dès leur première arrivée en France, les familles sont accueillies par des associations telles que la CAFDA ou encore le CREDE qui expliquent et accompagnent celles-ci dans leurs démarches administratives.

 

Les enfants sont ensuite accueillis dans des classes où l’enseignement prioritaire sera le français. Ces classes ne sont pas constituées en fonction de l’âge des enfants mais en fonction de leur niveau de français. Ils y suivront également des cours de mathématiques, d’histoire, d’éducation civique. Puis intègreront les classes classiques au fur et à mesure de leur apprentissage du français.

 

En règle générale, l’intégration dans les classes normales se passe facilement et rapidement. Cependant, la situation instable qui pèse sur le poids des familles réfugiées rend très difficile la scolarité des enfants. La scolarisation pourtant obligatoire se noie dans la masse de problèmes, dont le plus important, celui du logement. « Au départ j’étais à Bondy, pendant un an et demi puis je ne sais pas pourquoi on m’a envoyé en 5ème zone (réseau ratp-sncf) je ne pouvais plus venir au collège, c’était trop loin » confie Arthur élève réfugié d’origine arménienne et en passe de déscolarisation. Pendant plusieurs mois, lui et sa famille sont passés d’une ville à l’autre, rendant de plus en plus complexe le suivi d'une scolarité.


Pourtant l’école reste le seul espoir pour ces enfants. Le seul moyen de comprendre comment et pourquoi ils en sont arrivés là aujourd’hui. C’est durant ces cours d’histoire qu’ils apprendront pourquoi ils ont du fuir leurs pays par exemple…

Article de Widad Ketfi

CRÉÉ LE 23 JUIN 2010

MODIFIÉ LE 29 JUIN 2010

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