
© istock
Déjà auteur de 11 livres, dont L’intelligence du cœur, Isabelle Filliozat est psychologue-psychothérapeute et formatrice en relations humaines et communication. Elle anime des stages sur ce qu’elle appelle « la grammaire des émotions » et s’est attachée à l’analyse des rapports entre les parents et leurs enfants, les couples, les rapports de voisinage, au travail, nos relations avec les autres et avec nous même. Elle est pacifiste et prône la non violence. Le 16 mars dernier, elle sortait son dernier livre, au titre évocateur, « J’ai TOUT essayé ! »
Un véritable petit guide pour les parents qui détaille les émotions que ressentent nos touts petits de 1 à 5 ans. Elle nous invite à comprendre comment fonctionne le cerveau des enfants pour mieux comprendre leurs actes…

Côté mômes : Pourquoi avoir écrit ce livre et pour qui ?
Isabelle Filliozat : J’ai écrit ce livre pour tous les parents d’enfants de 1 à 5 ans, mais aussi finalement pour tout le monde, parce que ca peut nous permettre à nous, devenus adultes, de mieux comprendre ce qui se passait pour nous quand nous avions entre 1 et 5 ans. Et vraiment ancrer à l’intérieur de nous, que ce n’était pas nous qui étions de mauvais enfants, mais que tout simplement nos parents ne pouvaient pas comprendre ce qui se passait à l’intérieur de nous.
CM : Des parents sont-ils venus vous demander de l’aide pour éduquer leurs enfants ?
IF : Oui, bien-sûr, c’est très fréquent, sur mon site internet ils ont la possibilité de me poser des questions, et ils ont beaucoup de questions sur comment faire avec leurs enfants, plus que sur tout autre sujet. Les parents sont très démunis, car la période de 1 à 5 ans est une période de conflit phénoménal. L’enfant nous résiste, ne fait pas ce qu’on lui demande, fait des crises. En tout cas c’est ce que nous croyons, c'est-à-dire du fait que nous ne comprenons pas bien ce qui se passe pour lui, nous refoulons cette attitude qui nous met en situation difficile, en situation de crise.
CM : N’est-ce pas contre nature de ne pas s’énerver dans des situations réelles ?
IF : Au contraire, le problème c’est notre culture, c’est nos parents qui s’énervaient contre nous, donc du coup on a l’automatisme, acquis dans notre propre histoire, nous mimons nos parents, c’est une raison pour lesquelles nous savons que les punitions sont inefficaces et dangereuses. Aucune étude sérieuse n’a montré l’efficacité des punitions. On a beau le savoir on n’arrive pas à changer, comment ça se fait ? Nous n’arrivons pas à maitriser ces automatismes, c’est tellement automatique qu’on se dit que c’est notre nature.
CM : Que conseillez-vous aux parents qui donnent des fessées à leurs enfants ?
IF : Dès que je sens à l’intérieur que ça bouillonne et que j’ai envie de donner une fessée, je vais vite aux toilettes pour décompresser, si je reste en face de l’enfant c’est très difficile. Donc tout de suite je pars et je respire et là je me pose la question, de quoi est-ce que je j’ai besoin pour me calmer et ensuite de quoi mon enfant a besoin ? Parce que très souvent, je donne une fessée non pas parce que l’enfant a fait quelque chose qui ne va pas, mais parce que moi je suis exaspérée. La fessée ne sert qu’aux parents et sert à se décharger.
CM : Que pensez-vous de la nouvelle campagne de publicité contre les violences éducatives ?
IF : Je la trouve superbe ! Elle ne culpabilise pas du tout le parent. Mais, elle montre très bien que le parent qui donne une gifle c’est parce que lui-même a été giflé. Ce n’est pas sa faute entre guillemets, mais il a des besoins, il a besoin que quelqu’un vienne l’aider. Et Ils ont réussit à intégrer toute cette dimension, je trouve ça fantastique.
J’ai tout essayé, d’Isabelle Fillozat, illustré par Anouk Dubois, est édité chez JC Lattès- 17,50€
Alors que le nouveau clip contre les violences éducatives circule sur la Toile et sur les chaînes de télévision, le sujet fait débat. Les spécialistes de la Fondation pour l’enfance veulent montrer que les parents qui utilisent des punitions corporelles ont subit la même chose étant enfant. A la fin du spot diffusé sur internet, on peut lire :
« Des parents qui battent ont souvent été des enfants battus.
Eduquons nos enfants sans violence, ni claques, ni fessées.
28 pays ont déjà interdits ces pratiques inefficaces et traumatisantes. »
Bien sûr, les images sont choquantes. Trois générations sont représentées, chacun peut donc s’identifier. Les études prouvent que la plupart des parents qui frappent leurs enfants ont été eux-mêmes élevés de cette manière. Le Dr Lazimi, coordinateur de la campagne explique « qu’en France, on fait une différence entre la fessée et la violence condamnable. Mais il n’y a pas de bonnes et de mauvaises claques ! On ne peut pas concevoir un étalon de la violence : il faut tout interdire. Les claques, les fessées, les gifles et les tapes ont été banalisées. »
Article de Marie Deghetto
CRÉÉ LE 30 MAI 2011
MODIFIÉ LE 06 JUIN 2011



















psychologie enfant Grippe A alimentation beaux-parents éducation enfant santé bébé santé maman accouchement orthophonie psychologie bébé soin bébé couple recettes de cuisine sixième mois sexe parents éducation sorties en famille cinéma famille parent alimentation bébé grossesse tardive grossesse deuxième enfant littérature jeunesse enfance enfants divorce spectacle pour enfant garde d'enfants septième mois exposition enceinte diversification alimentaire enfant alimentation femme enceinte sexualité maman quatrième mois santé enfants grossesse multiple huitième mois L’UNICEF en campagne... présidentielle école allaitement mode enfant contraception troisième mois choix du sexe sortir en famille ado femme enceinte adolescence gestation pour autrui santé adolescence adoption femme livres éveil bébé