Je participe
au FORUM
Je publie
un ARTICLE
Vous êtes : Accueil / Côté Parents > Education des enfants > Entre père et mère: l'autorité en partage
Jeudi 17 mai 2012

Entre père et mère: l'autorité en partage

Avant de devenir parent, on a souvent une idée très précise des principes que l’on a envie d’inculquer à ses enfants. « Je serai sévère, mais pas trop. » « La communication sera toujours au centre de notre relation. » « De toutes façons, on en a discuté, on est sur la même longueur d’ondes ! » Sauf qu’une fois face aux petits désaccords du quotidien, il est souvent délicat de faire des compromis… Et de donner des repaires à son enfant ! Faisons le point avec Anne Bacus, psychologue et psychothérapeute, auteure de « L’Autorité, pourquoi, comment » (Marabout).

iStock 000013343605Small

L’autorité  à l’ancienne a-t-elle disparu ?

 

75% des parents se jugent trop peu autoritaires vis à vis de leurs enfants. Cela paraît surprenant, c’est pourtant le résultat d’une vaste enquête Ipsos pour Femme Actuelle et Enfant Magazine réalisée en octobre 2011. Dans une société qui prône la communication avant tout, les nouveaux parents se sont-ils perdus dans trop de connivence ?  Sur cette question, Anne Bacus reste mesurée. « On ne peut pas dire qu’ils soient trop laxistes. En revanche, ils ont du mal à poser les règles et à les faire respecter par leurs enfants. Les parents ont envie que tout se passe bien, ils veulent une relation pacifiée avec leurs enfants. Donc ils ne disent pas non ! Au fil des années, on a aussi appris aux parents que le dialogue était essentiel avec leurs enfants et qu’il fonctionnait. Ils ont perdu les techniques avec lesquelles ils ont été élevés au profit du dialogue : ils essayent de raisonner leurs enfants. Seul problème : avant l'adolescence, un enfant n'obéit pas en raisonnant comme nous. Ca ne peut pas fonctionner. »

 

C’est grave, docteur ?

 

Face à ces parents perdus, Anne Bacus ne manque pas de solutions. Elle en a écrit un livre, « 100 façons de se faire obéir », qui en répertorie quelques unes (parution en janvier 2012). Et si on ne devait en citer que deux ? « D’abord, poser des règles claires et concrètes. Par exemple : « Au lit à 8h ». Il faut que ces règles soient énoncées par les deux parents, et qu’elles soient valables tous les jours. Il faut également qu’il y ait des conséquences si ces règles ne sont pas respectées, sinon il n’y a pas de règle. » Compris. Donner un cadre intelligible, et s’y tenir, en somme. « Ensuite, ne pas attendre trop de son enfant à un âge où il n’est pas capable de le donner. Par exemple, on emmène son enfant de quatre ans au restaurant et on attend de lui qu’il se tienne tranquille pendant une heure et demie. C’est impossible ! »

 

Pas le courage d’endosser le rôle du méchant

 

Nombreux sont les parents qui préfèrent être dans une relation de connivence systématique avec leur enfant, de peur d’endosser le rôle du « méchant ». Et c’est vrai qu’il n’est pas toujours agréable de dire non : cela renvoie une image désagréable de soi, et on prend le risque de recevoir une de ces petites piques dont les enfants ont le secret. « Si on n’est pas ferme à un moment, il va falloir l’être plus tard », rappelle Anne Bacus. « L’enfant va tester nos limites jusqu’à ce qu’on soit capable de dire stop. Quand on dit non, l’enfant peut répondre agressivement. « Je ne t’aime pas », « Je préfère les autres »… Il faut juste se rappeler qu’on n’a pas besoin de son enfant nous démontre son amour en permanence. Etre parent, ce n’est pas chercher à être aimé de son enfant à tout moment. Etre dans cet état d’esprit, ce n’est pas éduquer. »

 

Bon flic VS mauvais flic

 

Si on prend sur soi pour être ferme, pas dit que l’autre fasse le même effort. On se retrouve alors dans une dynamique « bon flic » /« mauvais flic » qui peut être très déséquilibrée. L’un cède à toutes les demandes de l’enfant, l’autre se retrouve obligé d’être systématiquement dans la négation. « C’est vrai qu’avoir le rôle de celui qui dit non, ce n’est pas très agréable. Ca l’est quand même plus quand c’est partagé. » Comment les nouveaux parents trouvent-ils leur équilibre ? « Pour les générations précédentes, c’était différent. Les pères s’en chargeaient intégralement. Les mères n’avaient qu’à dire « tu verras avec ton père », et c’était réglé. Aujourd’hui, la plupart des pères n’ont plus envie de s’en charger. Beaucoup de pères veulent s'occuper de la partie agréable de l'éducation, jouer avec leurs enfants. Les mères ont pris en charge la figure de l’autorité, partiellement voire même totalement si elles sont seules. C’est un rôle qui est difficile à endosser, parce qu’il est ingrat. Mais l’enfant ne se sent pas moins aimé face à un parent strict. Au contraire, je pense qu’il se sent plus en sécurité. C’est très rassurant d’être soumis à des règles. »

Article de Clarence Edgard-Rosa

CRÉÉ LE 17 NOVEMBRE 2011

MODIFIÉ LE 13 DÉCEMBRE 2011

Noter cet article

Commenter cet article
Ils ont déjà donné leur avis (0)

SONDAGE

En ces temps de crise, sur qui pouvez-vous compter en cas de coup dur ?

  • Mon conjoint(ou ma conjointe), un point c’est tout!
  • Ma famille
  • Mes ami(e)s
1323 votants
300x90 smartphoto cotemomes
mp4-fb
côté mômes sur facebook côté mômes sur twitter
Côté mômes 2009 - Mentions légales - Plan du site - Annoncer sur le site - Liens - Contact
Création de site Internet : GoldenMarket -