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Jeudi 17 mai 2012

Dossier - En Famille

La France compte 1,7 millions d'enfants vivant en familles recomposées. Autour d'eux, de nouveaux personnages quasi passés sous silence. Pourtant, ces beaux-parents qui ont souvent bien du mal à trouver leur place dans une nouvelle histoire d'amour qui se nourrit aussi du passé de l'autre sont des tiers de première importance. Quelle mission, quels doutes, quels projets pour ces hommes et ces femmes de l'ombre qui, chacun à leur manière, façonnent aussi la personnalité et l'avenir de nos enfants ?
Beaux-parents-jeu de cartes© Gayanée Beyreyziat
Il y a encore quelques décennies, on devenait beau-père ou belle-mère des enfants de sa compagne ou de son compagnon parce que la mère ou le père biologiques étaient décédés ou avaient abandonné leur famille.

Aujourd'hui, être beau-parent, c'est dans la plupart des cas entrer de plain pied dans une nouvelle vie familiale que l'on dit recomposée, qui prend des formes bien différentes, où il s'agit de trouver une place vivable et si possible épanouissante... Et ce sans schémas préétablis, dans le respect des enfants de l'autre mais aussi de ses liens, si forts, avec le parent absent au quotidien mais bel et bien là dans la vie de l'enfant. Une mission, selon les cas, constructive ou impossible.

Recomposer une famille

Certains voudraient que les ressentis aillent aussi vite que les mœurs. Ceux-là laissent à penser que puisque le divorce et les séparations sont de plus en plus fréquents, quasi passés au chapitre de la banalité, ils ne constituent plus des drames, à peine des remises en questions. Il n'empêche que du point de vue individuel, pour chacun des acteurs d'une nouvelle vie, de nouveaux équilibres sont à trouver, jamais faciles parce qu'ils touchent d'abord le cœur et qu'il s'agit d'y adjoindre une raison de tous les instants. Il n'existe pas de modèle type de famille recomposée. Ce qui est sûr, c'est que chacune d'entre elles garde des traces et des blessures de sa vie d'avant. Beaucoup de beaux-pères et de belles-mères sont avant tout des pères et des mères qui se retrouvent à vivre, de façon permanente ou régulière, avec des enfants qui ne les ont pas choisis, qu'ils n'ont pas choisis non plus.

Or, parfois, les leurs, justement, leur manquent cruellement. Culpabilité de la séparation, culpabilité de ne pas toujours aimer les enfants de l'autre, d'avoir du mal à éprouver pour eux la même chose que pour ses propres enfants et obligation de « faire avec » tout ce qui vient se greffer, au quotidien, sur une histoire d'amour que l'on voudrait mettre à l'abri de tous les écueils qu'a pu connaître la précédente : oui, la famille recomposée est un sacré challenge à relever avec une volonté de réussite farouche et beaucoup d'amour.

C'est à ce prix qu'elle se construit sur de bonnes bases, lorsque l'on a compris qu'à défaut d'amour qui ne naît pas toujours, on peut vivre des liens enrichissants et avoir un rôle éducatif avec les enfants de l'autre sur la base d'un vrai respect mutuel. Cette civilité-là, le couple doit s'efforcer de la mettre en place afin que chacun connaisse bien les limites de son rôle, qui n'est en aucun cas de remplacer ou de contrer le parent biologique et l'éducation que celui-ci donne à ses enfants. La famille recomposée, pour être heureuse, devrait sans doute être l'addition de compétences et de limites mutuellement acceptées par le nouveau couple et clairement expliquées aux enfants... Qui soient pour eux, en quelque sorte, le résultat de l'équation : plus + plus = plus.

Les Marâtres : la rébellion s’organise !

BELLE-MAMAN© Gayanée Beyreyziat
Loin des témoignages assez consensuels que l'on obtient en général sur la vie de beau-parent ou de bel enfant (le sujet de l'agacement mutuel semble curieusement tabou dans un monde où l'on n'ose plus dire ce qui ne va pas), les belles-mères s'organisent et ne se mouchent pas du doigt pour dire leur façon de penser.

Le ras le bol d'un gamin dont on n'est pas la mère mais que l'on doit gérer (pas trop quand même, « t'es pas ma mère »), celui de pères copains qui n'ont pas envie de sévir avec leurs enfants qu'ils voient peu, les détails insupportables qui deviennent l'essentiel et font monter la haine de l'enfant de l'autre.

Elles se disent tout le 2ème samedi de chaque mois, à Paris, sous forme de groupes d'échanges où elles peuvent se laisser aller à toutes leurs humeurs ou sous forme de groupes de paroles animés par un psychologue pour celles qui sont vraiment au bord de la crise de nerfs. Le Club des Marâtres a au moins le mérite de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. A notre connaissance, pas d'équivalent au masculin, pas de beaux-pères officiellement exacerbés par l'enfant de l'autre alors que la majorité des hommes divorcés qui vivent en famille recomposée vivent quasiment à plein temps avec des enfants qui ne sont pas les leurs.

Deux hypothèses : soit ils ne gèrent pas du tout ces enfants (ils rentrent trop tard ou sont là sans être là), soit ils se montrent plus philosophes alors qu'ils ont en plus à souffrir de l'absence au quotidien de leurs propres enfants. A creuser !

Article de Anne-Claire Thérizols

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Ils ont déjà donné leur avis (5)
Thiebaut a posté le Jeudi 5 mai 2011 à 11:17
« Bonjour,

Je suis maman de jumeaux dont j'ai la garde, et mon conjoint a eu un enfant de sa première union, dont il n'a pas la garde. Depuis neuf ans, nous partageons ce que j'ai toujours espéré être une vie de famille... Quand nous nous sommes rentrés mes enfants avaient 6 mois et son fils, 8ans. Je n'ai eu aucun souci dans mes rapports avec son fils, dès le départ. Je me suis impliquée dès le départ dans cette nouvelle relation avec cet enfant qui n'était pas le mien, tout en gardant une certaine distance, un peu comme on peut le faire avec un petit neveu. Pour moi, il n'a jamais été question de plaire au papa en m'occupant bien de son fils, mais, sans doute, plus guidée par un instinct maternel, j'ai toujours eu à coeur, que cette nouvelle situation, soit pour cet enfant, épanouissante, surtout pas angoissante ou stressante. Que même s'il ne vivait pas avec nous, il sente qu'il avait complêtement sa place. Mon conjoint n'a jamais eu ce rapport avec mes enfants...A ma grande tristesse. Il m'a toujours dit qu'il ne voulait pas prendre la place de le père. A l'époque, je n'ai pas compris que pour lui, ça voulait surtout dire, pas prendre de place du tout. Donc, il est absent souvent, rentre tard du travail, et s'isole les week-ends où les enfants sont tous là. Finalement, j'ai souvent le sentiment d'être mère célibataire ... Vive la vie de famille !!! »
amandine a posté le Mardi 5 octobre 2010 à 16:05
« Bonjour, je suis tout à fait d'accord avec l'avis de bagu'mauve.
Moi aussi le papa à la garde de ses filles et je ne vois pas non plus comment ne pas s'impliquer dans l'éducation des enfants quand on les a tous les jours à la maison !!!
En plus, il ne faut pas oublier une chose, c'est que parfois heureusement qu'il y a un beau-père ou une belle-mère pour combler le manque d'un parent qui n'est plus là par obligation ou par choix ! »
fiffy789 a posté le Jeudi 6 mai 2010 à 16:03
« Bonjour,
je réponds aussi au commentaire d'isa169 :
pour ma part ses enfants ne vivent pas avec nous, et habitent à 500km de chez nous. Mon mari à 5 semaines de congés payés qui doivent être posées à noël et août, et ses enfants viennent chez nous la moitié des vacances, 1ère ou 2ème moitié une année sur deux. D'après ses calculs, si je ne m'occupe pas d'eux, une année sur deux, mon mari ne verrait plus ses enfants ! J'aime mon mari, et j'aime ses enfants, et il me semble normal de faire en sorte que tout le monde soit heureux. Car croyez-vous franchement que mes beaux enfants seraient épanouis, outre le fait de ne presque pas voir leur père, mais en plus de ne me voir m'occuper que de "mon" enfant, et que je les ignore ? Pauvres gosses ! En tant que "maman" je peux aisément imaginer que cela ne doit pas être simple de bien vivre le fait qu'une autre femme joue un rôle dans leur vie, mais justement, je préfère que cette femme s'occupe d'eux, les élève plutôt qu'elle ne leur fasse comprendre qu'ils sont de trop ! »
bagu'mauve a posté le Mercredi 17 mars 2010 à 10:51
« Bonjour, je réponds au commentaire de isa169....

Comment ne pas intervenir dans l'éducation des enfants de son conjoint, quand on vit avec eux (il a la garde de ses enfants), comment est-ce possible ? il faut être réaliste et le vivre surtout.
Le quotidien fait que je m'occupe d'eux et cela sur pleins de plans (sauf pour la scolarité, là c'est le papa qui s'occupe de ça).
Mais alors, expliquez-moi un peu.... Je ne dois pas leur faire à manger, laver leur linge, faire les courses pour eux, aller les récupérer au collège ? leur dire s'ils ne rangent rien, ne se lavent pas et j'en passe....

Alors pour le vivre tous les jours, je confirme que ce n'est pas un droit, mais de fait, une "obligation" un rituel (comme pour mon enfant), parce que n'en déplaise aux exs de tous bords, on est là et s'occuper des enfants de son conjoint, c'est aussi les éduquer. »
isa169 a posté le Dimanche 27 décembre 2009 à 21:49
« beau père ou belle mère je pense qu'ils n'ont pas droit d'intervenir dans l'aducation des enfants de son conjoint!
chacun ses enfants! »
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