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Lundi 21 mai 2012

Parrains et Marraines

En France, à l'heure des mariages mixtes, des familles monoparentales ou recomposées, et surtout d'une baisse sans cesse plus importante de la pratique catholique, que signifie donner un parrain et une marraine à son enfant ?

Un rituel religieux ou républicain

Malgré les transformations de la société et le recul de la pratique dominicale, les parents catholiques baptisent toujours leur enfant. En 2006, on comptait ainsi 322 225 baptêmes d'enfants de 0 à 7 ans (source : Annuaire statistique de l'Eglise - 2006). Chaque année, les fêtes catholiques de l'Ascension comme de la Pentecôte sont d'ailleurs propices à la célébration des baptêmes, communions ou professions de foi, cérémonies qui mettent en évidence le rôle du parrain et de la marraine de l'enfant. De leur côté, certains ont remis au goût du jour le baptême républicain, histoire de nommer un parrain et une marraine sans passer par l'Eglise. Mais qu'il soit laïc ou religieux, le parrainage se caractérise toujours par un engagement auprès de l'enfant et de ses parents.

Le baptême religieux

marraine-2-enfants©iStock
Baptiser vient du verbe grec ancien baptizein, « plonger dans un liquide ». Pour l'Église catholique, le baptême signe l'entrée dans la communauté chrétienne, c'est une renaissance. Autrefois, le baptisé plongeait dans l'eau tout entier. Aujourd'hui, le plus souvent, on verse de l'eau sur son front.
Les enfants sont généralement baptisés dans leur première année, mais nombreux aussi sont les parents qui préfèrent attendre pour laisser l'enfant choisir.
 « C'est au cours du 6e siècle en Orient et du 8e en Occident qu'apparurent les parrains et marraines pour le baptême des petits enfants. Ils représentent une parenté spirituelle. Ils ont un rôle essentiel au cours de la cérémonie du baptême, d'autant que la mère n'y assiste pas, l'accouchement étant alors considéré comme une souillure », explique le père d'Izarny  sur son site d'informations chrétienne (www.cybercure.fr). Pendant longtemps, la tradition voulait que ce soit la grand-mère du côté maternel et le grand-père du côté paternel qui soit choisi pour faire office de marraine et de parrain. Aujourd'hui, les parents choisissent plutôt des parrains et marraines de leur génération, dans leur entourage familial ou amical.
Reste que le parrain et la marraine doivent être baptisés (au moins un des deux). Cela étant, un couple peut tout à faire être parrain et marraine d'un enfant, un parrain et une marraine peuvent avoir plusieurs filleuls dans leur vie et, innovation plus récente, les chrétiens divorcés remariés qui mènent une vie chrétienne peuvent aussi être parrain ou marraine.

Transmettre la foi

« En acceptant de s'engager, parrain et marraine doivent aider les parents à transmettre à leur enfant la foi catholique. Le baptême est  le don de la foi, comme en témoigne la profession de foi que font les parents, parrain et marraine au cours de la cérémonie. Après le baptême, ces derniers s'engagent à aider leur filleul à grandir dans la foi. Ainsi, ils seront présents lors des grandes étapes de sa vie chrétienne : première communion, profession de foi, confirmation. Le rôle du parrain et de la marraine a aussi une dimension humaine, qui consiste à créer avec leur filleul un lien affectif, un climat de confiance et de compréhension qui prend des formes différentes selon l'age de l'enfant, et qui peut être considérable durant la période difficile de l'adolescence », précise le père d'Izarny.
Ce lien est entretenu par des petits cadeaux et par des lettres si on se voit rarement. En cas de décès des parents, la responsabilité morale des parrains et marraines est renforcée, mais la loi civile (en France) ne leur reconnaît aucun statut particulier.

Le baptême civil

Avec le temps, la notion de parrain et de marraine a évolué et s'est laïcisée. Des parents ont remis à l'honneur la tradition du baptême républicain, instituée par la Révolution française. « La véritable origine du baptême républicain est la loi du 20 septembre 1792 (an I), qui retira aux ecclésiastiques le soin de tenir les registres, et créa notre Etat-civil moderne en le confiant aux officiers d'Etat-civil. La seconde référence est la fête de l'Être Suprême, célébrée le 20 prairial an II (8 juin 1794) présidée par Robespierre, instituant un calendrier de fêtes républicaines et établissant le culte à l'Être Suprême, qui se juxtaposait au culte de la Raison. Dans ce contexte, le baptême civil venait marquer symboliquement l'entrée dans la vie citoyenne. Camille Desmoulins est souvent présenté comme son inspirateur. Cette cérémonie, laissée à la responsabilité des municipalités, n'a jamais été consacrée par la loi, et peu à peu est tombée dans l'oubli. Ce n'est que depuis une dizaine d'années qu'elle a repris du service, selon des règles coutumières. Ainsi la mairie de Paris ne célèbre des baptêmes civils que depuis 1995 », explique l'avocat Gilles Devers sur son blog.
Le baptême civil n'existe donc qu'en France et il est assuré par les maires. Il n'existe pas de texte officiel qui prévoit cette cérémonie, donc un maire ne peut y être contraint. Le parrainage républicain est aujourd'hui parfois une façon de manifester le soutien aux sans-papiers.

Article de Gaëlle Desportes

CRÉÉ LE 14 AVRIL 2009

MODIFIÉ LE 21 DÉCEMBRE 2009

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