L'accueil de l'enfant issu d'une IAD fait forcément suite à
un processus de deuil. Les parents doivent renoncer à un enfant qui leur ressemble physiquement, une image inculquée et fantasmée depuis toujours. Un processus encore plus dur pour le père en cas d'IAD.
Contrairement à la mère, qui développe dès le début de la grossesse un sentiment maternel, le « devenir père » s'effectue en grande partie une fois l'enfant arrivé. Le père non biologique devra renoncer au jeu des ressemblances, à retrouver dans son fils son regard ou son sourire.
Adieu « c'est tout le portrait de son papa », bonjour « il te ressemble pas du tout ». Alors que la mère est génétiquement liée à l'enfant, un déséquilibre se crée et peut être source de souffrance pour le papa, « à part ». Pour pallier cela, il n'y a pas de solution miracle : comme tous les papas du monde, il faut passer du temps avec son enfant, et peut être même plus que les autres ! Tant mieux : c'est l'occasion d'envoyer maman faire les courses pendant qu'on joue à la petite voiture...
Le fait de ne pas être le père biologique renforce également les inquiétudes du père face aux comportements que peut adopter son enfant, toute l'expérience accumulée n'étant plus valable. Devant un enfant colérique, impossible de se référer à son propre passé avec le bien connu « j'étais pareil à son âge », ou de faire référence à un trait de caractère familial ayant déjà été remarqué chez un grand-père ou une vieille tante.
Les problèmes de l'adolescent, présents dans toutes les familles, sont encore plus présents dans les familles où les parents ne sont pas les géniteurs. « Tu n'es pas mon père » est une critique qu'il faut se préparer à entendre. Il est important de ne pas cacher à l'enfant l'origine de sa naissance. Un père assumant pleinement ses choix, ayant vaincu ses problèmes vis-à-vis de sa fierté et évacué tout sentiment de honte sera à même de faire parler son autorité et de se positionner en père incontestable.