Je participe
au FORUM
Je publie
un ARTICLE
Vous êtes : Accueil / Côté Parents > En Famille > Un père et passe : la paternité à l’épreuve de la séparation
Lundi 21 mai 2012

Un père et passe : la paternité à l’épreuve de la séparation

Un tiers des enfants de couples séparés ne voient plus leur père. Pour Jean Le Camus, professeur émérite de psychologie à l'université de Toulouse-Le Mirail, il y a urgence ! Il fait le point sur les solutions possibles pour maintenir le lien entre le père et l'enfant. 

Pères divorcés: 1/3 ne voient plus leurs enfants

p20-JeanLeCamus©DR
Côté Mômes : Un enfant sur trois ne voit plus son père après la séparation de ses parents. Comment en est-on arrivés là ?
Jean Le Camus
: C'est un phénomène dont on a pris conscience à la fin des années 80. Il s'est accentué en proportion de l'augmentation des séparations. Dans 80% des cas, la garde de l'enfant est confiée à la mère. Le père est donc, la plupart du temps, celui qu'on appelle « le parent non-gardien », qui bénéficie seulement d'un droit de visite et d'hébergement. A l'origine des ruptures du lien père-enfant, il y a essentiellement l'idée chez beaucoup, parents, psychologues et magistrats, que les enfants sont d'abord l'affaire des mères. C'est une constante qui a traversé les siècles et qui se vérifie encore aujourd'hui malgré la révolution féministe.
CM : Quelles conséquences peut avoir l'absence du père sur son enfant ?
JLC
: Les psychologues estiment qu'elle peut troubler la construction de leur identité sexuée car les garçons manquent d'un référent et les filles d'un complément. On signale également des difficultés dans la maîtrise de soi et le respect des règles, le père incarnant généralement l'autorité. Enfin, les femmes séparées sont souvent en butte à des problèmes financiers - 30% des familles monoparentales vivent au-dessous du seuil de pauvreté -, et cette précarité économique peut engendrer des soucis de socialisation. Mais il n'y a pas de fatalité, seulement une vulnérabilité à laquelle il faut être très attentif.
CM : Quelles solutions existent pour éviter cette déperdition des liens ?
JLC :
Il y a d'abord la médiation familiale, qui permet de traiter les litiges sans avoir recours à une procédure judiciaire. La France est d'ailleurs le seul pays européen où il existe un diplôme d'Etat de médiateur familial. Dans les trois quarts des cas, on arrive à un accord total ou partiel entre les parents qui se séparent. De plus, ils ne subissent pas là une décision du juge mais ils arrivent eux-mêmes à celle-ci, c'est important. Ensuite, il existe des structures d'accompagnement comme les espaces rencontre, qui permettent au parent qui n'a pas la garde de l'enfant de le retrouver dans un endroit neutre. C'est une bonne solution quand la séparation a été très conflictuelle. Enfin, il y a la résidence alternée. Je pense que c'est la seule formule qui permet à chacun des parents de rester responsable de l'enfant, et à l'enfant de garder ses deux parents. Mais elle ne représente que 10 à 12% des modes de garde.

Article de Anne-Claire Thérizols

CRÉÉ LE 23 AVRIL 2009

MODIFIÉ LE 03 DÉCEMBRE 2009

Noter cet article

Commenter cet article
Ils ont déjà donné leur avis (0)

SONDAGE

En ces temps de crise, sur qui pouvez-vous compter en cas de coup dur ?

  • Mon conjoint(ou ma conjointe), un point c’est tout!
  • Ma famille
  • Mes ami(e)s
1334 votants
300x90 smartphoto cotemomes
mp4-fb
côté mômes sur facebook côté mômes sur twitter
Côté mômes 2009 - Mentions légales - Plan du site - Annoncer sur le site - Liens - Contact
Création de site Internet : GoldenMarket -