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Lundi 21 mai 2012

Yona, la légende l’oiseau sans ailes

Associer les dernières techniques 3D  et le savoir faire d’un grand nom de l’animation japonaise : un pari risqué pour un résultat… surprenant.

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Rin Tarô est une superstar au Japon… et en France ! Légende de l’animation depuis les années 50, il a notamment collaboré avec Osamu Tezuka, connu comme « le père du manga » (l’auteur d’Astro Boy et du Roi Léo). Dans les années 70, il est devenu célèbre dans le monde entier en réalisant la série Albator avant d’acquérir la consécration en 2001 avec Metropolis, chef d’œuvre récompensé dans de nombreux festivals.


Contrairement à la référence Miyazaki, Rin Taro n’avait jusque là pas de style propre. Pour Yona, il s’est pour la première fois investi, tant au niveau du graphisme que du scénario. Autre grande première, l’emploi de la technique 3D, un défi relevé par la plupart des studios américains mais pas encore gagné au Japon.

Sans aile, on ne décolle pas

Depuis qu’elle a perdu son papa, Yona habite seule avec maman (dans un très vieil appartement). Son rêve : voler comme un pingouin, animal fétiche de la famille et du zoo local. Elle porte donc un costume de pingouin et tente, chaque soir, de prendre son envol, sans succès. Jusqu’au jour où elle rencontre Chaley, un étrange personnage qui l’entraîne dans un monde fantastique, sous terre : il pense qu’elle est l’élue, la seule personne capable de délivrer son peuple d’un étrange magicien…


Rin Taro a voulu créer une histoire simple afin de se concentrer sur l’animation. Il y a effectivement des choses très habituelles dans ce scénario (quête initiatique, amitié et bravoure), mais il y a surtout de grands moments de n’importe quoi qui rendent le film difficile à suivre pendant plus d’une heure.


Pour ce qui est de l’esthétique, attendez-vous à être surpris ! Mélange de style traditionnel japonais (un grand dragon d’or et des vieux sages bouddhistes) et de figures chrétiennes (un angelot diabolique et obèse), le film lorgne aussi du côté du cirque et du jeu vidéo. L’animation 3D est volontairement saccadée afin d’éviter la perfection froide des méga productions. Une initiative louable, mais qui donne tout de même l’impression que le film a été réalisé en 1998.


Si le mélange de tant d’influences donne un résultat parfois flamboyant et toujours original, impossible de nier qu’il est, dans le fond, assez bizarre et décousu. Volontairement décalé, Yona est une expérience, un film qui ne ressemble à aucun autre, frais, bizarre, trop peut être, au risque d’effrayer (ou d’endormir) les plus jeunes, à qui il est pourtant destiné.


 Mieux vaut donc y aller un peu plus tard, par exemple quand les enfants savent lire : l’occasion pour eux de profiter des sous-titres et ainsi d’éviter le doublage français, une date dans l’histoire de la niaiserie.

Yona, en salle depuis le 3 février 2010.

Article de Nicolas Sykas

CRÉÉ LE 26 FÉVRIER 2010

MODIFIÉ LE 03 MARS 2010

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