
©Daniel Fuhr
On se souvient du scandale, en octobre dernier, de la très grosse société californienne rappelant pas moins de
18 millions de jouets fabriqués en Chine en raison de la présence de peinture toxique à base de plomb mais aussi de petits aimants mal fixés qui, ingérés par les enfants, seraient la cause d'une perforation aux intestins. Quelques mois auparavant, cette même société avait rappelé
1,5 millions de jouets en bois, suspectés de contenir eux aussi des peintures toxiques. Accusé, le patron de la société chinoise, choisi par cette firme américaine, se donnait la mort peu après. Cette affaire, qui a fait le tour des médias et suscité nombres d'enquêtes, est révélatrice des risques insoupçonnés que prennent les consommateurs (et que les fabricants font prendre à nos enfants). Plus de 80% des jouets viennent de Chine, dont la grande majorité est exportée vers l'Union européenne et les Etats-Unis. Coûts de production peu élevés, matières premières bon marché, main d'œuvre sous payée, les raisons pour déléguer une partie ou la totalité de sa propre production en Asie sont nombreuses mais les conséquences peuvent être lourdes. Alors, comment être sûr que les jouets achetés à Noël dernier, estampillés « made in China », respectent les normes de qualité et de sécurité ?
Individus, produits alimentaires ou marchandises lambda, on n'entre pas sur le territoire européen et français comme ça ! Tous les jouets importés sont soumis à une réglementation et une directive communautaire sur la sécurité des jouets datée de 1990 qui précise les exigences essentielles les concernant. Est soumis à cette réglementation tout produit conçu ou manifestement destiné à des fins de jeu pour les enfants âgés de moins de 14 ans. En bref, une entreprise qui souhaite commercialiser un jouet dans la Communauté Européenne doit passer un examen pour pouvoir apposer le logo « CE » délivré par un laboratoire. Un procédé de prime abord rassurant si le laboratoire était imposé et non pas librement choisi par la société elle-même. Pour que toutes les vérifications soient faites, l'entreprise doit fournir un prototype du jouet au laboratoire de son choix qui vérifiera la conformité du jouet au regard des normes imposées. Une fois que tous les points sont conformes, le fabricant peut lancer la production en série du jouet concerné, scrupuleusement conforme au prototype analysé et marqué du logo « CE ». Véritable passeport, ce marquage permettra aux jouets de circuler librement après leurs dédouanements.