Fan parmi les fans, Steve Vander Ark nous gratifie d'une encyclopédie sur Harry Potter d'une inutilité parfaite. Un ouvrage tellement désuet qu'il en devient presque charmant.
L'encyclopédie Harry Potter annonce la couleur dès la couverture : « ce livre n'est pas écrit, approuvé, ni licencié par Warner Bros ». Bref, J.K. Rowling ne l'a pas approuvé : connaît-elle-même son existence ?
L'auteur est un américain, blogueur acharné, spécialiste des médias scolaires pendant des années et fan de l'univers du petit sorcier. Il se nomme Steve Vander Ark et c'est doublement décevant. Premièrement, quand on est fan d'Harry Potter et d'internet, on fait un effort pour se trouver un patronyme rigolo, style Croutard92 ou Jolie-Hermione 1920.
Seconde déception : on espérait, sans y croire, que ce livre était signé Antoine Guillemain, auteur du culte
Mon pote Harry Potter (Les éditions de l'Archipel, 2004), message d'amour d'un ado de 17 ans à son idole. Rapide calcul : à la sortie du livre, Antoine avait 17 ans. Il en a donc aujourd'hui 22, et on imagine facilement qu'il se cache pour ne pas subir la honte, méritée, de cette erreur de jeunesse.
Mais on s'éloigne. Revenons donc plus précisément sur l'Encyclopédie Harry Potter. Son but : permettre aux fans qui n'auraient pas compris les livres (et ils se disent fans ?) de se rappeler, en un clin d'oeil, ce qu'ait un Gurg, une Manticore ou un Porlock (tout ça existe) (chez Harry Potter). C'est presque aussi pratique que de regarder sur internet. D'autant plus que l'encyclopédie y est intégralement disponible. Gratuitement.
Illisible pour un néophyte, l'encyclopédie se présente comme un petit dictionnaire austère, esthétiquement très vilain. Est-ce pour paraitre sérieux que dans ses 378 pages pleines de noms bizarres et de références incompréhensibles, il n'y a pas une seule illustration ? Mais non, suis-je bête : le livre n'est approuvé par personne! Pour nous refourguer son blog passé à l'imprimante, Steve Vander Ark ne s'est même pas foulé d'un petit croquis perso ! Il a sans doute suivi la logique de Serpentard, qu'il donne lui-même : « favoriser la roublardise et tous les moyens pour parvenir à ses fins ».
N'en jetons plus sur ce livre qui n'a pas que des défauts, et peut même se révéler amusant avec un peu de mauvais esprit. Au hasard, cherchant la définition d'un Choixpeau, dont je me contrefous royalement, je tombe sur le mot chèvre. « Abelforth Dumbledore a une étrange fascination pour les chèvres. Il fut poursuivi pour avoir pratiqué des sortilèges interdits sur une chèvre ». Des sortilèges interdits ? Je me jette sur chèvrophilie : rien.
A la place, je tombe sur la définition de la Chine. Qu'est-ce que la Chine ? « La Chine est surement le pays d'où les choux mordeurs de chine sont originaires ». Qu'est-ce qu'un choux mordeur de Chine ? Réponse page suivante : « Hermione a fait un schéma de ce chou dans le cadre d'un devoir, voir OP 16 ». Après un passage par le lexique, j'apprends que OP 16 veut dire « se référer au roman l'Ordre du Phénix, chapitre 16 ».
Bref, au lieu d'acheter l'Encyclopédie Harry Potter de Steve Vander Ark, mieux vaut acheter les sept tomes d'Harry Potter écrits par J.K. Rowling. Bonne nouvelle : elle les a approuvés.