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Vous êtes : Accueil / Culture Mômes > LIVRES > La BD pour enfants : le bonheur de buller.
Lundi 21 mai 2012

Dossier - LIVRES

Longtemps considérée comme réservée à ceux qui ne savaient pas lire, la BD, produit littéraire artisanal s'il en est, a pourtant bien d'autres talents que celui de rendre nos enfants heureux... Ce qui, en soi, est déjà magnifique ! Henri Filippini, éditeur chez Glénat depuis plus de 30 ans et entre autres auteur du Guide de la bande dessinée pour la jeunesse paru chez Bordas, a accepté de sortir de sa bulle - il possède quasiment toutes les BD parues en France depuis la guerre ! - pour éclairer notre lanterne.
CULTURE-MOMES-LIVRES-BD-CM15-5©DR
Côté Mômes : Parlez-nous de la naissance de la BD pour enfants...

Henri Filippini : Dans les années 60, celle que l'on appelait alors l'histoire en images et qui est devenue bande dessinée puis par extension BD était vraiment un produit pour enfants, considéré alors comme un sous-produit littéraire pour des enfants pas vraiment malins ! Jusqu'aux années 70, il était inconcevable qu'une bande dessinée puisse être lue par un adulte. A l'époque, à part Tintin, il n'y avait pas d'albums, c'étaient essentiellement des journaux. C'était comme pour l'école : il y avait celle des filles et celle des garçons. Il y avait Fillette ou Lisette pour les filles, l'Epatant ou Pierrot pour les garçons. Et puis les éditeurs Belges ont fait des revues unisexes comme Spirou ou Tintin.

CM : Justement, pourquoi les Belges ?

HF :
En France, il y avait aussi une production de bande dessinée importante mais qui n'a pas marqué les esprits autant que les journaux venus de Belgique et qui, eux, ont su captiver beaucoup plus de monde. Il y avait une école française qu'on retrouvait dans Vaillant et qui après est devenue Pif Gadget mais cette école française n'a pas réussi... Peut-être aussi parce que les éditeurs français ont mis très longtemps à sortir des albums alors qu'il y avait déjà des albums en Belgique dès les années 50. Chez les Français, il a fallu attendre Dargaud et les premiers Astérix pour vraiment avoir des albums créés et édités en France. Mais pour revenir à votre première question, c'est quand même le groupe Bayard en France a lancé la BD à la fin des années 60. Il s'appelait à l'époque la Maison de la bonne presse et a eu l'idée de lancer Pomme d'api qui s'adressait aux tout petits puis il y a eu J'aime lire... Ce sont les premiers à avoir eu l'idée de découper les lectures par tranches d'âge. C'est là qu'est vraiment née une nouvelle presse de BD pour jeunes. Après, les laïques de chez Milan ont fait la même chose avec Toupie et Tobbogan. Tom-Tom et Nana est né dans J'aime Lire au tout début de cette belle expérience qui a été beaucoup copiée. Tous les éditeurs de presse pour jeunes ont suivi.

Article de Anne-Claire Thérizols

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