Réalisée durant l’accouchement, le ph au scalp permet de contrôler la bonne oxygénation du bébé afin d’éviter les cas d’asphyxie. Cette mesure limite également le recours à la césarienne.

© Brian Palmer
Pour s’assurer que le bébé va bien durant l’accouchement, un moniteur indique le rythme cardiaque du fœtus (RCF). En cas de chute trop importante de ce rythme, on peut craindre une asphyxie de l’enfant liée à un manque d’oxygène : on parle d'acidose néonatale. On pratique alors une césarienne.
La généralisation du RCF au cours des années 80 a permis d’éviter de nombreux cas d’asphyxie, et les pathologies qui en découlent (troubles cérébraux,…), mais a également conduit à augmenter fortement le nombre de césarienne, dont bon nombre étaient sans doute inutiles. La mesure du RCF n’est pas fiable à 100 %. La prise de pH au scalp, qui existe depuis les années 60, est donc à nouveau utilisée, en complément.
La mesure du pH du fœtus permet de mesurer l’acidité du sang du fœtus, est de là sa bonne oxygénation. Un pH correct se situe entre 7,25 et 7,40. En dessous, on peut craindre un risque d'asphyxie.
L’intervention se pratique lors de l’accouchement. Le col doit être suffisemment dilaté (3 à 4 cm), et les membranes, notemment la poche des eaux, déjà percées.
La prise du pH consiste à récupérer une goutte de sang au niveau du cuir chevelu du bébé (d’où le nom de scalp). Pour se faire, le médecin écarte les cheveux au moyen d’une compresse de vaseline stérile et fait une microincision dans le crane, avec une petite aiguille ou une microlame. La goutte de sang qui se forme est récupérée avec un tube capillaire et immédiatement analysée.
Le pH au scalp est une intervention délicate, même si la technique s’est grandement perfectionnée dans les années 90.
Pour une mesure valable, il faut récupérer entre 25 et 35 micro litres de sang : parfois, la goutte qui se forme n’est pas suffisante. Des erreurs peuvent survenir au moment de la prise du sang (présence de bulles d'air dans le tube capillaire par exemple).
Surtout, la mesure du pH au scalp est un instantané : elle mesure l’oxygène dans le sang du bébé, mais n’exclut pas le risque d’un manque d’oxygène dans l’artère du cordon, et donc les risques de complications ultérieures. Pour suivre efficacement l’évolution, plusieurs prises doivent être effectuées, toutes les heures ou toutes les 20 minutes, suivant l’évolution du rythme cardiaque.
Enfin l’analyse doit être effectuée immédiatement après le prélèvement, ce qui nécessite une préparation parfaite et une bonne maîtrise de l’équipement.
Le pH au scalp complète, sans le remplacer, le relevé du rythme cardiaque. Dans certaines situations à risques, il est inutile : pour les prématurés par exemple, où le risque d'asphyxie est grand, une chute du RCF suffit à déclencher la césarienne.
Certains cas interdisent une prise de pH. On ne le pratique pas lorsque la mère est atteinte du vih ou d’une hépatite C, voire en cas d’hémophilie.
L’incision du crane peut également entraîner un saignement prolongé, un hématome, voir un abcés. Ces complications restent toutefois exceptionnelles.
Article de Nicolas Sykas
CRÉÉ LE 23 MARS 2010
MODIFIÉ LE 29 MARS 2010


















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