Dyslexie: le mystère des origines
Mais rassurons-nous d'emblée : bien des personnages célèbres étaient de grands dyslexiques. Citons au hasard Léonard de Vinci, Rodin ou encore Einstein ! Voilà qui écarte ce que la science n'a pu jusqu'à aujourd'hui démentir : la dyslexie n'a rien à voir avec une quelconque défaillance de l'intelligence. On ne sait d'ailleurs quasiment rien de l'origine de ce trouble et de ses acolytes si ce n'est qu'il s'agit d'un trouble inné, sauf dans de rares cas de lésions suite à un accident cérébral par exemple. Tout juste évoque-t-on un éventuel facteur héréditaire car les dyslexiques ont souvent des antécédents familiaux...
Depuis février 2007, des laboratoires du CNRS, de l'INSERM, de l'Institut Pasteur ainsi que des services hospitaliers à Paris, Lyon, Marseille, Toulouse et Grenoble travaillent sur le projet de recherche Genedys qui vise à élucider les bases cognitives, cérébrales et génétiques de la dyslexie et de la dysphasie. Il durera au moins jusqu'en 2010. En attendant, il convient de rester prudent quand on cherche à « expliquer » la dyslexie.
Ce que l'on connaît en revanche, ce sont les symptômes de ces troubles et la souffrance des enfants qui en sont atteints. Certains, mal repérés, mal diagnostiqués, errent avec leurs parents de cabinet de psychanalyste en thérapies comportementales qui ne résolvent pas leur problème. Et pour cause. Si la dyslexie entraîne souvent des troubles comportementaux - manque de confiance en soi, timidité excessive, sentiment d'échec, agressivité - qui nécessitent une aide psychologique, en aucun cas la dyslexie en elle-même ne se soigne par ce biais.
L’importance du diagnostic
Encore faut-il, et c'est là tout le combat de la Fédération française des troubles spécifiques du langage et des Apprentissages (FLA), que les enfants soient repérés, diagnostiqués puis pris en charge de façon adaptée en fonction de l'intensité de leur trouble. Pour certains, une rééducation chez l'orthophoniste (ergothérapie pour les dyspraxiques), plus ou moins longue, sera suffisante ; pour d'autres, il faudra envisager une CLIS (Classe d'Intégration scolaire) avec une pédagogie adaptée ; pour d'autres encore, ce sera un institut médico-éducatif avec une prise en charge vraiment axée sur les soins.
Dans tous les cas, la dyslexie et ses dérivés doivent être pris au sérieux dans une société qui pardonne difficilement l'échec scolaire et où il faut être performant dans sa vie adulte aussi. Car ces troubles accompagnent généralement ceux qui en souffrent toute la vie même s'ils apprennent à les compenser et développent par ailleurs d'incroyables talents qui les dissimulent. « Très peu de personnes sont au courant des problèmes des dyslexiques adultes, aussi une grande priorité de notre rééducation consiste-t-elle à leur donner la possibilité de révéler leur dyslexie quand les difficultés commencent à s'estomper et qu'ils peuvent utiliser avec brio et conviction leurs capacités particulières » écrivent Béatrice Sauvageot et Jean Métellus dans leur ouvrage Vive la dyslexie qui présente une méthode originale qui permet au dyslexique, grâce à l'expression artistique, de ne plus vivre l'apprentissage de l'écrit comme une contrainte.