
© kristian sekulic

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D’après un baromètre publié par l’AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour la Ville), 64 % des élèves ne comprennent pas toujours ce qui leur est demandé. La notion d’erreur n’est pas encore intégrée, comme l’explique Daniel Favre, professeur en science de l’éducation et récent auteur de l'essai Cessons de démotiver les élèves : « La notion d’erreur appartient au registre du mal, du mauvais. Une erreur est une faute, quelque chose qu’il ne faut pas faire sous peine de sanctions ». D’où une peur qui bloque les élèves, certains restant tétanisés à l’idée d’échouer ou de se ridiculiser : « Les élèves français sont parmi ceux qui participent le moins en classe ». D’après le baromètre de l’AFEV, ils sont en effet 20% terrifiés à l’idée de prendre la parole, ce qui leur est de toute façon rarement demandé. Marc Douaire, président de l’OZP (Observatoire des Zones Prioritaires) y voit un flagrant manque d’évolution : « On reste souvent dans le domaine du par cœur. La personnalité de l’enfant n’est pas prise en compte, de même que sa créativité, sa progression. C’est quelque chose que l’on fait dans les petites sections, mais qui disparaît dès qu’on arrive au collège ou au lycée, où seul le résultat compte. L’individu est sacrifié au profit du nombre ».
Un cas par cas difficile à faire dans des classes de plus en plus surchargées : selon une étude de l’OCDE, de petits effectifs ne garantiraient pas de meilleurs résultats. Un peu facile selon M. Douaire : « Dans les grandes classes où dans les prépas, certainement ! Mais les élèves en difficulté sont laissés à eux même. »
Du côté des matières enseignées, certains déplorent les heures perdues au profit d’un socle commun (moins de maths, moins d’histoire), d’autres critiquent les nouvelles activités. Mme Pinchanzon regrette la mauvaise coordination de l’ensemble : « Les cours d’éducation sexuelle, de prévention à la drogue, empiètent sur nos horaires. Ensuite, il faut cavaler pour rattraper le programme. » Un programme que certains élèves trouvent vieillot et inutile (à quoi bon apprendre les dates quand wikipedia sait tout ?).
Favorable au socle commun, M. Douaire est pour une école centrée sur l’essentiel : « L’école, c’est le lieu de la connaissance : on n’est pas non plus là pour faire de la peinture ou de la gymnastique ». Ni pour s’amuser ? Pour M. Favre, les deux sont pourtant compatibles : « Il y a une notion de plaisir dans l’apprentissage. Des études le montrent chez le jeune enfant : on apprend mieux en jouant. Pour qu’un élève apprenne et progresse, il doit pouvoir tirer une fierté et un plaisir de son apprentissage. Pas seulement avoir peur de se faire gronder s’il rate. »
Article de Nicolas Sykas
CRÉÉ LE 16 NOVEMBRE 2010
MODIFIÉ LE 29 NOVEMBRE 2010


















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