Je participe
au FORUM
Je publie
un ARTICLE
Vous êtes : Accueil / Grandir | 3 - 12 ans > Ecole / Education > Les élèves français n'aiment pas l'école
Mardi 22 mai 2012

Les élèves français n'aiment pas l'école

Une enquête de l’OCDE (Organisation de Coordination et de Développement Economique)  a mesuré le stress des élèves. Classés 23ème, les petits français se retrouvent juste derrière leurs homologues japonais. En cause : des journées surchargées et un culte de la performance insurmontable.

L'enfer du décor

iStock 000009810206Small© kristian sekulic

 

Au collège Denis Diderot dans l’Essonne, c’est pas la joie. Jeremy, élève en quatrième, n’aime pas son école et il sait pourquoi : « Les bâtiments sont moches, c’est déprimant. Avant, c’était une prison je crois ». Le collège Denis Diderot n’a jamais été une prison mais, comme de nombreux établissement construits dans les années 70, il souffre aujourd’hui de vieillissement prématuré : la peinture caillée soutient difficilement les murs en préfabriqué. Des points auxquels les responsables ne semblent pas faire attention : « La seule chose qu’ils installent, c’est des portiques pour vérifier qu’on ne vient pas avec des couteaux ou je ne sais pas quoi » se plaint Jeremy. Mathilde, qui n’est pas non plus fan de son collège, n’est pas si dur : « Ce n’est pas en mettant du rose sur les murs que ça va être cool ». Et du bleu ?

Pour qu’ils s’y sentent bien, les élèves ont besoin de s’approprier l’école, témoigne Sandrine Turpin, pédiatre. « Les collèges organisent de temps en temps des tournois de sport entre eux, un peu à la manière des écoles anglaises. Cela permet une part d’identification. » Mathilde regrette de ne pas avoir d’espace réservé au sein du collège, hormis la bibliothèque, fermée à l’heure de la cantine. Mme Pinchanzon, professeur de français, modère : « Les élèves ont la cour de récréation ! Les salles des profs sont souvent affreuses. »

Pour Mme Turpin, le « décor » ne suffit pas à expliquer le désamour des élèves français pour leurs écoles : « Ils sont à un âge compliqué où on leur demande des choses compliquées, et on ne peut pas tout résoudre. Si les élèves ne dorment pas la nuit et arrivent fatigués ou si la météo les déprime, on ne peut pas faire grand chose ».

 

Apprendre, oui, mais comment ?

iStock 000007245500Small© kristian sekulic

D’après un baromètre publié par l’AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour la Ville), 64 % des élèves ne comprennent pas toujours ce qui leur est demandé. La notion d’erreur n’est pas encore intégrée, comme l’explique Daniel Favre, professeur en science de l’éducation et récent auteur de l'essai Cessons de démotiver les élèves : « La notion d’erreur appartient au registre du mal, du mauvais. Une erreur est une faute, quelque chose qu’il ne faut pas faire sous peine de sanctions ». D’où une peur qui bloque les élèves, certains restant tétanisés à l’idée d’échouer ou de se ridiculiser : « Les élèves français sont parmi ceux qui participent le moins en classe ». D’après le baromètre de l’AFEV, ils sont en effet 20% terrifiés à l’idée de prendre la parole, ce qui leur est de toute façon rarement demandé. Marc Douaire, président de l’OZP (Observatoire des Zones Prioritaires) y voit un flagrant manque d’évolution : « On reste souvent dans le domaine du par cœur. La personnalité de l’enfant n’est pas prise en compte, de même que sa créativité, sa progression. C’est quelque chose que l’on fait dans les petites sections, mais qui disparaît dès qu’on arrive au collège ou au lycée, où seul le résultat compte. L’individu est sacrifié au profit du nombre ».

 

Un cas par cas difficile à faire dans des classes de plus en plus surchargées : selon une étude de l’OCDE, de petits effectifs ne garantiraient pas de meilleurs résultats. Un peu facile selon M. Douaire : « Dans les grandes classes où dans les prépas, certainement ! Mais les élèves en difficulté sont laissés à eux même. »

 

Du côté des matières enseignées, certains déplorent les heures perdues au profit d’un socle commun (moins de maths, moins d’histoire), d’autres critiquent les nouvelles activités. Mme Pinchanzon regrette la mauvaise coordination de l’ensemble : « Les cours d’éducation sexuelle, de prévention à la drogue, empiètent sur nos horaires. Ensuite, il faut cavaler pour rattraper le programme. » Un programme que certains élèves trouvent vieillot et inutile (à quoi bon apprendre les dates quand wikipedia sait tout ?).

 

Favorable au socle commun, M. Douaire est pour une école centrée sur l’essentiel : « L’école, c’est le lieu de la connaissance : on n’est pas non plus là pour faire de la peinture ou de la gymnastique ». Ni pour s’amuser ? Pour M. Favre, les deux sont pourtant compatibles : « Il y a une notion de plaisir dans l’apprentissage. Des études le montrent chez le jeune enfant : on apprend mieux en jouant. Pour qu’un élève apprenne et progresse, il doit pouvoir tirer une fierté et un plaisir de son apprentissage. Pas seulement avoir peur de se faire gronder s’il rate. »

 

Article de Nicolas Sykas

CRÉÉ LE 16 NOVEMBRE 2010

MODIFIÉ LE 29 NOVEMBRE 2010

Noter cet article

Commenter cet article
Ils ont déjà donné leur avis (0)

SONDAGE

En ces temps de crise, sur qui pouvez-vous compter en cas de coup dur ?

  • Mon conjoint(ou ma conjointe), un point c’est tout!
  • Ma famille
  • Mes ami(e)s
1335 votants
300x90 smartphoto cotemomes
mp4-fb
côté mômes sur facebook côté mômes sur twitter
Côté mômes 2009 - Mentions légales - Plan du site - Annoncer sur le site - Liens - Contact
Création de site Internet : GoldenMarket -