
©DR
Pas un ouvrage sur les pères qui ne commence par nous donner quelques leçons d'histoire. Et pour cause. Entre le paterfamilias de la Rome Antique et celui d'aujourd'hui, il n'existe plus grand-chose de commun tandis que la mère reste stable dans son statut, même si sa vie sociale a évidemment beaucoup changé. Chez les Romains, donc, le père était tout-puissant et avait le droit de vie et de mort sur ses enfants, tout au long de leur vie et quel que fusse leur âge. Puis la Révolution Française limite le droit des pères : c'est l'abolition, en 1792, des lettres de cachet qui autorisaient les pères à faire emprisonner leurs enfants, et les enfants majeurs (21 ans) ne sont plus soumis à la puissance paternelle. C'est aussi l'année où est promulguée la première loi sur le divorce (qui sera ensuite abolie en 1816 pour être rétablie en 1884).
Pendant la révolution industrielle, une partie de l'autorité éducative et morale du père se déplace vers l'école publique obligatoire instituée en 1883. En 1935, on supprime la correction paternelle. 1970 marque le vrai tournant avec le remplacement de la puissance paternelle par l'autorité parentale. Deux ans plus tard, une réforme fait entrer dans le droit la reconnaissance de la famille naturelle. Le lien de sang est pour la première fois considéré comme essentiel pour établir la filiation d'un individu. Puis est reconnu, en 1993, le principe de l'autorité parentale conjointe. Il faut ajouter à cela la contraception et l'IVG, donc les grossesses choisies et maîtrisées par les femmes, les progrès des techniques de procréation médicalisée et le nombre croissant de divorces et de ruptures qui remettent en cause la cellule familiale...