Le diabète juvénile est en augmentation et touche des enfants de plus en plus jeunes. Beaucoup d’idées reçues circulent quant à cette maladie qui se classe en deux types bien distincts. Côté Mômes fait le tour de la question avec Jean-Jacques Robert, chef de service de diabétologie pédiatrique à l’hôpital Necker et président de l’Association d’aide aux jeunes diabétiques (AJD).

« Le diabète, chez l’enfant, a toujours été synonyme de diabète de type 1, autrefois appelé diabète maigre ou diabète juvénile. Cette forme de diabète se caractérise par une sécrétion insuffisante d’insuline dans le pancréas – l’insuline est une hormone nécessaire à l’organisme pour que les cellules assimilent le glucose, source d’énergie. Le glucose s’accumule dans le sang, provoquant des réactions hyperglycémiques.
Ce diabète a la réputation d’avoir un caractère familial mais, en fait, ce caractère héréditaire est rare : il ne représente que 10 % des cas de diabète de type 1. En revanche, le diabète de type 2 qui se produit typiquement chez l’adulte obèse, est familial dans 90 % des cas. En résumé, le diabète de type 1, qui concerne les enfants, est une maladie à caractère familial… mais dans 10 % des cas seulement ! »
« Le diabète de type 1 est en augmentation chez les jeunes avec une fréquence qui a à peu près doublé en 15 ans chez les enfants de moins de 5 ans, avec un rajeunissement aussi. Pendant mes 20 premières années de pratique, je n’ai pas vu de diabète de type 1 avant l’âge d’un an et maintenant, j’en vois dès l’âge de 6 mois. Il y a même des diabètes qui peuvent se révéler à la naissance mais qui ont des causes différentes.
Il faut savoir aussi que le nombre de diabétiques, enfants ou adultes, augmente partout dans le monde de la même manière. La seule différence est que l’Europe est pour l’instant un peu « en retard » sur le développement du diabète de type 2 car l’obésité s’y est installée un peu plus tardivement. Le seul constat encourageant est que la fréquence d’obésité chez les jeunes a plutôt tendance à se stabiliser, ce qui veut dire que tous les efforts faits actuellement pour essayer de changer les comportements alimentaires sont payants. »
« Le diabète insulinodépendant de type 1 qui concerne les enfants n’a rien à voir avec l’obésité. C’est une maladie qui est due à la destruction des cellules qui fabriquent l’insuline dans le pancréas par un dérèglement immunitaire. En revanche, le diabète de type 2, lui, est un peu plus compliqué.
On sait que, dans ce diabète, il y a sans doute une régulation imparfaite des mécanismes qui libèrent l’insuline, que cela passe inaperçu pendant un certain nombre d’années mais que, si on demande au pancréas de travailler plus, ce qui est le cas quand on crée une obésité, à ce moment-là, il n’est pas capable de faire face. »
Article de Anne-Claire Thérizols
CRÉÉ LE 02 OCTOBRE 2009
MODIFIÉ LE 15 NOVEMBRE 2011


















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