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Mardi 22 mai 2012

Santé : mon enfant refuse de se soigner

Aller chez le médecin, chez le dentiste ou prendre des médicaments est rarement une partie de plaisir mais chez certains enfants, cela tourne au refus pur et simple et donc au bras de fer avec les parents. Car il faut bien examiner ce petit garçon qui a 40°C de fièvre ! Et par la suite, il faudra bien qu'il prenne son traitement. Une situation qui laisse souvent les parents complètement démunis et très angoissés... ce qui ne facilite pas la résolution du problème.

Les raisons de la colère

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« Du jour au lendemain, Emma a refusé de se laisser soigner. Sirops, sprays pour le nez, gouttes dans les oreilles sont devenus impossibles à administrer. Elle refusait même le mercurochrome sur ses coudes écorchés ! » se souvient Sarah, la maman de cette petite fille de 8 ans. Le mystère est resté entier pendant des mois jusqu'au jour où Emma a raconté à ses parents un moment difficile vécu à l'infirmerie de l'école. Mais de nombreux parents d'enfants victimes du même blocage cherchent encore la cause de celui-ci.

La peur du médecin et des examens peut trouver son origine très tôt : « avant un an, l'enfant n'a pas de conscience claire de son corps et de ses limites, explique une psychologue de PMI de la région parisienne. Les gestes qui touchent à son enveloppe corporelle en cours d'élaboration sont vécus à la fois comme intrusifs et angoissants. » Par la suite, la nécessité de se déshabiller, de se laisser examiner, palper, peut être considéré par l'enfant comme une intrusion dans son intimité. Enfin, le stress des parents, extrêmement communicatif, peut jouer un rôle important.

Aller chez le pédiatre, le parcours du combattant

« Les enfants vraiment impossibles à examiner sont rares, explique un pédiatre hospitalier. La plupart du temps, avec beaucoup de patience et d'explications, on arrive à obtenir leur coopération. Un grand classique : commencer par ausculter le doudou, cela rassure toujours. Mais il arrive que le bruit des pleurs de l'enfant couvre le bruit de son cœur, par exemple. Ou qu'il gesticule tellement qu'on ne peut pas examiner ses tympans ou sa gorge. » Ce qui ne facilite pas le diagnostic.

« On peut aider l'enfant à se projeter dans l'« après », suggère la psychologue, tout en mettant l'accent sur un aspect positif. Lui dire « le médecin doit t'examiner, je sais que tu n'aimes pas beaucoup mais ça ne dure pas longtemps, ensuite nous irons au square », par exemple. » Du chantage ? Pas du tout : « ce n'est pas « si tu ne te tiens pas bien chez le médecin, nous n'irons pas au square », mais « après la consultation, nous irons au square pour te changer les idées ».

Article de Stéphanie Frank

CRÉÉ LE 21 AVRIL 2009

MODIFIÉ LE 06 AOûT 2009

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