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Mardi 22 mai 2012

Père et accouchement : Viendra, viendra pas ?

Aujourd'hui, 80% des hommes assistent à la naissance de leur enfant. Mais même si c'est devenu une norme, ce n'est pas un automatisme. Entre désir d'assister à ce moment unique, et pression du mythe du « bon père », comment se positionnent les papas ?
Viendra, viendra pas© istock
Être présent à l'accouchement ne doit pas être ressenti comme un devoir par le père. Ce moment intense ne peut être vécu sainement à deux, que si l'envie est formulée par chacun. En pratique, nombreux sont les hommes qui décident d'assister à l'accouchement par convention ou pour faire plaisir à leur compagne... C'est un tort : La décision d'un homme de ne pas assister à ce moment ne veut absolument pas dire qu'il endossera mal son rôle par la suite. Faire les cent pas dans le couloir en attendant de rencontrer son bébé pour la première fois ne fait pas d'un homme un mauvais père en puissance !

Ce que veulent les hommes

Pour beaucoup d'hommes, la question ne se pose même pas : ils seront présents. « Quand j'ai suggéré qu'il aille chercher ma valise après après ma prise en charge à la maternité, il a rétorqué : "Hors de question que je te lâche une seule minute !" », confie Carole, 32 ans, maman d'une petite Margaux de 2 ans. La jeune maman, qui accouchera de son deuxième enfant dans trois semaines, ajoute : « Là encore, on ne se pose même pas la question : le papa sera là du début à la fin, comme pour la première fois ».

 

 

Pour Valérie, 26 ans, la présence du papa est tout aussi importante. Ayant dû accoucher par césarienne, elle n'a pas pu compter sur lui : « J'aurais préféré qu'il soit à mes côtés, j'étais morte de trouille. Le jour où nous ferons le deuxième, c'est sûr, il assistera à l'accouchement. » Pour Mathieu, son conjoint, c'était également une vraie déception. « D'autant qu'il s'était préparé psychologiquement... », note Valérie.

IVG© istock
Mais pour d'autres, ce n'est pas aussi évident. Angoissés, les papas ? Mal à l'aise avec le sang, effrayés par le dispositif médical... Dans ce cas, autant qu'ils s'abstiennent : rien n'est plus contagieux que le stress ! « Le père de ma fille a une sainte horreur du sang : il n'a pas voulu rester au moment crucial. », raconte Léa, 28 ans. «  Il est resté en salle de travail juste avant, et est revenu une fois notre fille toute propre... Soit 45 minutes plus tard ! J'aurais vraiment voulu qu'il soit présent, mais c'était non négociable. Et si c'était pour le voir s'évanouir à côté de moi, heureusement qu'il n'est pas resté... »

 

Pour Léa, l'accouchement s'est très bien déroulé. Malgré l'envie de partager ce moment avec son conjoint, elle n'a pas réellement souffert de son absence. Et pour le papa, même pas mal : « Les sage-femmes ont même rangé tous les instruments avant de le laisser rentrer dans la pièce, pour être sur qu'il n'y avait plus la moindre trace de sang ! ».

Article de Clarence Edgard-Rosa

CRÉÉ LE 16 MARS 2011

MODIFIÉ LE 17 MARS 2011

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