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Jeudi 17 mai 2012

Garde alternée: les enfants valises

Le 4 mars 2002, le Sénat entérinait la loi sur l'autorité parentale conjointe qui donnait, notamment, une légitimité à la résidence alternée. Depuis, les débats entre ses défenseurs et ses détracteurs, qui prennent parfois l'allure d'une guerre de tranchées, sont toujours vifs. Au milieu de ce combat, la souffrance, celle des enfants mais aussi (et surtout ?) celle des parents séparés. Jacqueline Phélip, présidente de l'association L'enfant d'abord, répond aux questions de Côté Mômes.

Garde alternée: la cause des pères!

résidence alternée-ouverture©istock
Côté Mômes : Voilà quatre ans que la résidence alternée a été promulguée. Pouvez-vous, à ce stade, faire un premier « état des lieux » ?

Jacqueline Phélip : Je voudrais d'abord préciser que cette loi a été votée en urgence en fin de législature et n'a aucun garde-fou (âge de l'enfant, distance des domiciles, temps d'alternance, conflit parental, violences conjugales, principal pourvoyeur de soins, etc.) alors même qu'elle autorise les juges aux affaires familiales à imposer une résidence alternée à n'importe quel rythme et dans n'importe quelles conditions.

On a l'impression que seules les associations de pères ont été entendues pour son élaboration. La tendance aujourd'hui est de partager équitablement un enfant entre son père et sa mère comme un bien qui appartiendrait à la communauté réduite aux acquêts ou pire, au nom de l'égalité homme-femme !

Est-ce toujours dans l'intérêt de l'enfant ? Certainement pas. Le jeune enfant, par exemple, jusqu'à six ans environ, a un développement psychoaffectif qui lui est propre et qu'il faut respecter. Et encore, au-delà de cet âge, certaines résidences alternées ne sont pas toujours sans poser des problèmes parfois sérieux.

Enfants déplacés: un problème de rythme

CM : Quels sont ces problèmes ?

JP : Un enfant n'a ni la mémoire ni les notions d'espace et de temps d'un adulte. Une heure, une journée et a fortiori une nuit, c'est parfois interminable pour un bébé auquel on ne peut pas expliquer, quand il se sent mal dans une situation, qu'elle ne va pas durer toujours. Il vit d'autant plus dans l'angoisse que la relation entre les parents est conflictuelle et l'on voit apparaître des symptômes chez les petits qui n'existaient pas avant la mise en place de la résidence alternée.

 Pédopsychiatres et pédiatres examinent des enfants qui vont mal suite à l'instauration d'une résidence alternée à un rythme inadapté. Pour un petit enfant, c'est sa mère qui, dans la majorité des cas, représente sa base de sécurité, ce que l'on appelle « la figure d'attachement principale » qui n'est pas exclusive mais qui est préférentielle aux autres.

Article de Anne-Claire Thérizols

CRÉÉ LE 26 MARS 2009

MODIFIÉ LE 24 JANVIER 2010

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Ils ont déjà donné leur avis (2)
Laure a posté le Samedi 3 avril 2010 à 19:49
« Le discours sur la résidence alternée ?

Ce sont des pédopsychiatres de plus en plus nombreux qui le tiennent pour en dire les méfaits sur les enfants si des conditions précises ne sont pas réunies.

Il y a beaucoup de desinformation faite sur ce sujet !

par exemple affirmer que la résidence alternée est monnaie courante partout au monde, en Californie ou dans les pays nordiques !

Faux :

Partout au monde la résidence alternée égalitaire est très minoritaire.

Qui plus est, dans les pays nordiques, si les parents sont en union libre, ce sont les mères qui ont l'autorité parentale exclusive et la garde, sauf accord contraire des parents.

La Californie qui a été le premier pays à voter en 1979 une loi identique à la notre avec presomption de résidence alternée égalitaire, a du, devant ses méfaits, l'amender en 1994 pourne plus valider que les résidences alternées demandées conjointement mais aussi librement par les deux parents et encore faut-il que l'intérêt de l'enfant soit préservé.

Quant aux chiffres annoncés en France, ils sont quelque peu sujet à caution et pour 2 raisons :

personne ne sait combien de résidences alternées sont mises en place par des parents et à quel rythme.

Personne ne sait combien sont modifiées et au bout de combien de temps !

La dernière étude de la CNAF, 2008 le précise bien et cite une étude connue sous le nom de rapport MOYER qui affirme que le nombre de RA est certainement bien inférieur à ce qui est annoncé et qui plus est la RA est le systèpe qui dure le moins dans le temps :
sur la totalité connue, il y en a déjà 15 % de moins au bout de quelques mois.
65 % de moins entre 2 et 3 ans
82% de moins entre 3 et 6 ans !

Pour un système présenté comme faisant le bonheur des enfants, ça parait plutôt loupé.

Faut-il s'en étonner ?

Comme l'écrit madame Phélip, peut-on penser qu'un jeune enfant n'aura besoin de son père que du 1er au 8, puis n'aura besoin de sa mère que du 8 au 15 etc. ?????

Et surtout si les parents ne s'entendent pas ou ne communiquent pas........ »
elieana a posté le Mardi 30 mars 2010 à 17:22
« Depuis 2002, date du vote de la loi sur la garde alternée, les choses ont clairement évoluées vers une ouverture des parents et du système judiciaire à laisser les enfants être élevés par leur 2 parents.
Les statistiques de 2004-2005, donnaient 10,3% des divorces allant vers une garde alternée.
La situation de 2008-2009, donne maintenant 20% de cas de Résidence alternée.

Je ne sais si J Phelip a encore un discours sur le sujet. »

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