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Jeudi 17 mai 2012

Sucette ou pouce ? Le besoin de succion de bébé

Pouce ou sucette, la succion est un besoin naturel chez le nourrisson, mais qui se transforme en mauvaise habitude si elle dure trop longtemps. Tour d’horizon de la question pour éviter qu’il continue de mâchonner tout et n’importe quoi en entrant à la fac.

iStock 000008902155Small© Eric Jean-Louis
« Arrête de sucer ton pouce, tu n’es plus un bébé ! » Ce qui était mignon au début est devenu gênant : lors de la première rentrée scolaire, on doit être capable de se priver de « tototte » au moins une demi-journée, et pourtant… Pouce ou sucette (classiquement appelée « tétine »), 80% des enfants de moins de deux ans sont accros à la succion, au grand damne de leurs parents, déjà effrayés par les retards de langage et autres problèmes dentaires à venir. Sans parler du ridicule devant les autres parents d’élèves. Calmons-nous, tout ça n’est pas très grave.

Un reflexe dès la naissance

La succion est pour le bébé un reflexe qui commence même avant la naissance. Les échographies révèlent en effet que les automatismes oraux sont présents chez l’embryon dès 8 semaines. A 10, il est capable de déglutir et à 12, il commence à sucer ses doigts, de main ou de pied, si ce n’est pas le cordon ou tout ce qui passe par là (pas grand-chose, heureusement). Au moment de la naissance, le nourrisson est neurologiquement prêt à sucer son pouce. Et il commence, dès son premier jour si possible, ce qui est alors très mignon pour tout le monde.


Durant les six premiers mois de sa vie, le bébé à un besoin physiologique de succion, à différencier du besoin de nourriture. Dans certaines cultures, en Afrique par exemple, les bébés sucent rarement leur pouce et n’ont pas de tétine : tout cela est remplacé par le sein de leur mère, qu’il tète, même quand ils sont repus. Inutile de proposer un biberon de lait à votre enfant si vous le voyez sucer son pouce ou un bout de couverture, il n’a pas faim.


Lors des premiers mois, la plupart des sens ne sont pas encore développés. La succion permet à l’enfant de découvrir, en mâchouillant tout ce qui bouge, à commencer par lui-même. Mains, pieds, doudou, c’est grâce à sa bouche qu’il prend conscience de lui-même et du monde qui l’entoure : il acquière des notions d’espace, de dureté, de douceur, de chaleur…. C’est pour lui un motif d’auto-satisfaction qui le valorise, la seule action dont il maitrise le processus du début à la fin. 

Fonction charnelle et rassurante

iStock 000006841325Small© Rosemarie Gearhart

La succion a également une fonction émotionnelle pour le bébé : lui rappelant la nourriture, elle est associée à une notion de plaisir et de bien être. Lorsque l’enfant abandonne le sein pour la cuillère (beaucoup moins agréable), il continue à téter pour se rappeler les bons moments (l’utilisation du pouce ou de la sucette augmente en général à cette période).


Surtout, téter à une fonction rassurante, qui permet à l’enfant de s’apaiser, de se consoler en cas de tristesse, et l’aide parfois à s’endormir (attention à ne pas en abuser !). Plus tard, sucer son pouce lui rappellera sa maman, ce qui le réconfortera toujours (surtout si il est méditerranéen).

Pouce, sucette… et appareil dentaire ?

Jusqu’à au moins 6 mois, il n’y a pas à polémiquer : sucer est un besoin de l’enfant, comme manger et dormir, et il n’y a pas à s’y opposer.


La sucette ou le pouce ne deviennent réellement problématiques que lorsque les « sessions » sont trop répétées. Lorsque l’enfant ne peut pas s’en passer plus d’une heure, par exemple lors d’une sortie, il faut y voir un message d’alerte. L’enfant est mal à l’aise ou apeuré, il cherche un moyen de réconfort. La sucette ou le pouce n’est pas le problème réel mais seulement le symptôme d’un problème psychologique.


De façon plus pragmatique, les parents s’inquiètent aussi pour la santé buccodentaire de l’enfant. Pouce ou sucette, les conséquences, cette fois-ci réelles, sont les même : une mauvaise position des dents du haut, trop avancées ou au contraire trop reculées, parfois écartées. Pas d’inquiétudes inutiles toutefois : lorsque les enfants sont encore jeunes, ces malformations peuvent se réparer. 

Article de Nicolas Sykas

CRÉÉ LE 27 SEPTEMBRE 2010

MODIFIÉ LE 01 OCTOBRE 2010

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